Logo Association Hoped - Sud Toulousain

Association Hoped : TCA, « soigner le physique et le mental »

Sud Toulousain a décidé de mettre en avant des associations qui aident nos concitoyens sur des sujets moins médiatisés, mais tout aussi graves. Pour commencer cette rubrique, nous vous présentons l’association HOPED.

À tort considérés comme des maladies superficielles, les troubles du comportement alimentaire (TCA) touchent 3 à 4% des individus âgés de 15 à 35 ans, dans 90% des cas des femmes, sans distinction de milieu ni d’origine. Leurs causes, complexes, multiples et variées, sont bien souvent méconnues et incomprises des autres, qui voient en ces comportements l’expression d’une mentalité simple, conditionnée par l’apparence physique. Pourtant reconnus comme maladies psychiatriques, les TCA ne sont aujourd’hui pas correctement traités, les services hospitaliers expérimentant et ne sachant pas comment agir pour assurer la guérison complète, qui n’intervient que dans 50% des cas.

C’est avec ce simple constat et cette envie de faire avancer la prise en charge des malades, que Valentine Theillier et Camille Perchey se sont attelées à la création de l’association HOPED (Help Out to Prevail Eating Disorders  = Aide pour Prévaloir les Troubles Alimentaires).

Valentine, lycéenne parisienne de 17 ans préparant le concours Sciences Po, et Camille, bachelière bordelaise de 18 ans en BTS diététique, n’avaient n’avaient à priori aucune chance de se rencontrer. Mais un premier point commun les a réunies : les troubles du comportement alimentaire. Toutes deux ont souffert d’anorexie mentale, et toutes deux s’en sont sorties. Armées de leur expérience, elles veulent désormais aider les personnes en souffrance, démonter les clichés et défaire le tabou sur ces maladies ignorées mais pourtant trop présentes.

Interview de Valentine Theillier , co-fondatrice de l’association Hoped.

Valentine Theillier, co-fondatrice de l’association Hoped

Pourquoi avoir créé cette association ? Quelle était votre motivation ? Qui y a pris part ?

J’ai d’abord remarqué que très peu de structures s’intéressaient réellement aux troubles du comportement alimentaire. Pourtant 2% des femmes en sont atteintes. De plus, lors de mon propre suivi, j’ai constaté que le corps médical n’était pas suffisant. En effet j’aurais aimé être en relation avec des personnes vivant la même chose que moi. Car plus que la théorie, la pratique et l’expérience des autres permet d’évoluer. 

J’ai alors embarqué Camille Perchey dans cette aventure avec moi. Camille était en effet déjà « connue » dans la grande communauté Recovery d’Instagram (ndlr : communauté sur Instagram qui prône la guérison des TCA). C’est pourquoi je me suis tournée vers elle, car son expérience est très importante pour beaucoup de personnes.

Si tu devais définir les TCA comment t’y prendrais-tu ? Il y a-t-il des profils types de personnes touchées ? 

Je dirais que les TCA sont un iceberg. Tout le monde voit notre perte ou prise de poids. Mais la surface immergée de l’iceberg est souvent plus importante. C’est elle que personne ne voit. En effet ce changement physique cache un mal être psychologique profond.

Aucune personne n’est plus susceptible d’être touchée par les TCA qu’une autre. Par exemple il y a encore trois ans je n’aurais jamais pensé tomber là dedans. Moi qui aimais manger, jamais je n’aurais jamais cru pouvoir m’affamer à ce point. Et je me suis rendu compte que ça n’arrivait pas qu’aux autres.

Comment penses-tu qu’on s’en sort ? Il y a-t-il une façon de procéder meilleure qu’une autre ?

Je ne pense pas qu’il y ait une solution miracle. Cependant, il y a des méthodes qui fonctionnent mieux que d’autres. En effet, il est indispensable de soigner le physique et le mental à la fois. La prise de poids seule ou le suivi psychologique détaché de tout suivi nutritionnel sont inutiles. C’est bien l’association des deux qui permet de guérir.

Certaines personnes ont besoin d’un cadre strict, dans le cadre d’une hospitalisation par exemple. J’ai moi même été hospitalisée, ce qui m’a été très bénéfique. J’ai réappris petit à petit à accepter mon corps et à aimer manger.

Quel est donc le but de l’association ? Comment va-t-elle intervenir et agir de façon concrète ?

Nous avons créé l’association dans le but de soutenir les personnes atteintes de troubles alimentaires. Le but est de montrer à toutes ces personnes qu’elles ne sont pas seules. Aujourd’hui une réelle communauté s’est créée sur Instagram. On parle souvent du phénomène « proana » (ndlr : mouvement et communauté qui prônent l’anorexie), pourtant, beaucoup de personnes atteintes de TCA utilisent les réseaux sociaux dans le but de s’en sortir. Ainsi, nous intervenons sous forme de posts et de lives sur notre compte Instagram afin de déconstruire les idées infondées dictées par la maladie. De plus, nous avons une adresse mail qui permet de nous contacter facilement. Nous tentons donc de répondre aux questions, de donner des conseils et d’apporter quelques notions de diététique à des jeunes adolescents souvent perdus.

Enfin, nous avons comme projet d’intervenir dans des établissements scolaires afin de faire de la prévention auprès de ces personnes susceptibles de tomber malade que sont les adolescents en développement physique et psychologique.

Camille Perchey - Association Hoped

Camille Perchey – Association Hoped

Ce projet ambitieux de faire comprendre la maladie s’inscrit dans l’optique d’une prise de conscience générale, bien médiatisée avec la sortie récente du film Netflix « To the Bone », où l’actrice Lily Collins, elle-même guérie d’anorexie mentale, donne une dimension psychologique jamais évoquée à la maladie.

Il ne reste qu’à espérer que ces actions portent leurs fruits et changent le regard porté sur les TCA.

Propos recueillis par Doriane Vidal

Crédits Photo : Association Hoped

Le Sud Toulousain / DV

Vous souhaitez que l’on parle de votre association ? Contactez-nous : contact@sudtoulousain.fr

A Propos Pierre ISRAEL

Rédacteur en chef du Sud Toulousain. Marcheur mais pas suiveur, indépendant mais pas indépendantiste . Chef d’entreprise et Maire dans la campagne du Volvestre (31)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *