Economie : Le « très décevant » rebond de la croissance française

Hollande et Sapin - Sud Toulousain

Une remise en marche, à défaut d’un rebond spectaculaire. L’économie française est repartie de l’avant au troisième trimestre (+0,2%). Mais la prévision annuelle du gouvernement (+1,5%) a déjà du plomb dans l’aile. Explications.

A priori, la semaine aurait pu se terminer comme elle a commencé pour François Hollande, avec une embellie sur le terrain économique. Aux bons chiffres mensuels du chômage lundi (-1,9%) viennent se greffer ce vendredi ceux de la croissance française qui retrouve de légères couleurs au troisième trimestre.

D’après l’Insee, le produit intérieur brut (PIB) a progressé de 0,2% entre juillet et septembre. Un chiffre, conforme aux dernières prévisions, qui traduit une légère embellie après le repli inattendu du printemps dernier (-0,1%), qui avait douché les espoirs de redémarrage de l’activité né des bons résultats du début d’année (+0,7%).

La prévision annuelle « n’est plus atteignable »

A première vue donc, le ciel se dégage légèrement pour l’exécutif. Mais en réalité, l’horizon s’assombrit. Ce faible rebond au troisième trimestre remet très sérieusement en cause les prévisions annuelles du gouvernement qui tablait encore lors de la présentation du projet de budget 2017 en septembre à Bercy, pour une croissance annuelle à 1,5%. L’économie française ne fera pas ce chiffre, les économistes tablant davantage sur 1,3 voire 1,2% pour les plus pessimistes.

« Le chiffre prévu officiellement n’est plus atteignable », acte déjà le chef économiste de Natixis, Philippe Waechter. Et Michel Sapin lui-même se montre prudent. Ce vendredi matin, le ministre de l’Economie affirmait qu’avec 0,2% de croissance au troisième trimestre, il sera « plus difficile d’atteindre » cet objectif.

La reprise a été entravée par une série de facteurs exogènes, comme les intempéries qui pèsent sur les récoltes par exemple, la menace terroriste qui plombe le tourisme, ou encore le mouvement de grève contre la loi Travail, qui aurait coûté selon l’Insee 0,1 point de croissance à la France. « Ce sont des événements ponctuels dont on peut dire et espérer qu’ils ne se reproduiront pas », estime Michel Sapin, qui préfère voir dans les résultats du troisième trimestre « le verre à moitié plein ».

Investissements en baisse, consommation molle

Toujours est-il que « ce chiffre est très décevant, confie à L’Express Henri Sterdyniak, économiste à l’OFCE. Nous n’avons pas le coup de fouet que l’on pouvait espérer. C’est difficile d’avoir un élan quand la croissance stagne la moitié de l’année ». D’ailleurs, la consommation des ménages, moteur de l’économie française, cale toujours (-0,2% en septembre, -0,5% au troisième trimestre). « On ne peut pas attendre une hausse durable du PIB sans un soutien fort de la consommation », rappelle de son côté Philippe Waechter sur son blog.

Pour expliquer cette faiblesse de la reprise tricolore, tout n’est pas imputable qu’à la seule gestion du gouvernement. « Le ralentissement de l’économie est mondial, cela pèse sur nos exportations, précise Henri Sterdyniak. Par ailleurs, on ne bénéficie plus de l’effet de la baisse des prix du pétrole. Enfin, les entreprises n’investissent pas assez dans l’économie ». Sur ce point, les effets de la politique de l’offre décidée par François Hollande ne se font toujours pas sentir. Les entreprises continuent de restaurer leurs marges au détriment de l’investissement qui est encore à la baisse au troisième trimestre (-0,3%, comme au printemps).

Si l’exercice de sémantique gouvernementale s’avère périlleux, on ne pourra toutefois pas taxer Michel Sapin, fidèle parmi les fidèles de François Hollande, d’optimisme béat. C’est lui qui avait déjà tiré la sonnette d’alarme sur la baisse d’impôts promise par le président de la République cet été, expliquant que la France n’avait pas les moyens de financer « le geste du côté des ménages » de 2 milliards d’euros. Le gouvernement a finalement coupé la poire en deux en proposant 1 milliard de baisse dans le budget 2017. Alors que les critiques se faisaient déjà sentir dans les couloirs de Bercy au début de l’automne sur le financement du geste fiscal, les questions ne devraient pas manquer cet hiver.

Source : l’express

Crédits Photo : Alain Jocard /AFP

Le Sud Toulousain / PI

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