Laurent Grandguillaume , député de la Cote D'or - Sud Toulousain

Législatives : retraité de la politique à 38 ans !

Quel que soit le parti ou la formation, c’est un geste est à saluer et tellement rare dans notre monde politique. Au moment ou les projets de loi pour démonter le non-cumul des mandats fleurissent, cette initiative donne envie d’y croire encore un peu…

 

voici l’article complet de l’Express :

Le député de la Côte-d’Or, l’un des plus exposés depuis le début du quinquennat, souvent pressenti pour intégrer le gouvernement, a annoncé lundi sa décision de ne pas briguer la députation en 2017. Au nom du non cumul des mandats dans le temps.

Il y a ceux qui s’accrochent éperdument à leur siège, contestent la loi sur le nom cumul des mandats. Des visages que l’on voit dans les couloirs du Parlement depuis des dizaines d’années. Laurent Grandguillaume, député socialiste de la Côte-d’Or, en est l’extrême opposé. L’un des espoirs du parti socialiste a poussé jusqu’au bout la logique du non-cumul, en s’appliquant à lui-même un non cumul… Dans le temps.

Dans un poste de blog publié lundi, l’élu annonce qu’il ne briguera pas la députation en 2017. Souvent mis sur le devant de la scène tout au long du quinquennat, Laurent Grandguillaume quittera donc les bancs de l’Assemblée, pour rejoindre ceux de l’école. Le député s’est inscrit au Celsa pour suivre une formation en management des ressources humaines. « Mon métier ce n’est pas d’être élu, explique-t-il à L’Express. J’ai 38 ans, j’ai mis ma vie professionnelle entre parenthèse pour m’investir pleinement dans mes fonctions. Mais je ne tiens pas à rester élu jusqu’à 45 ans. »

Tout au long de son mandat, il a cherché à peser sur le débat politique. L’exécutif l’a souvent sollicité pour sortir de l’impasse des dossiers très sensibles, au point d’être régulièrement surnommé « monsieur déminage » par les médias. Il a commencé par apaiser le conflit entre les artisans et les autoentrepreneurs dans le cadre de la loi Pinel, et s’atèle aujourd’hui, plus difficilement, à faire de même avec les taxis et les VTC. Sans oublier, non plus ses fonctions au sein du Conseil de la simplification.

« Je n’ai jamais rêvé d’un ministère »

Cette volonté de peser dans le débat, ne l’a, selon lui, jamais conduit à espérer un poste ministériel. Étonnant. « Je n’en ai jamais rêvé », jure-t-il. Laurent Grandguillaume a pourtant régulièrement été pressenti pour intégrer l’exécutif. Selon Le Point, l’élu paierait une certaine défiance de Manuel Valls. Dans sa dernière édition, l’hebdomadaire raconte que le député aurait fait partie d’une liste de noms boycottés par le Premier ministre en vue du mini-remaniement qui a suivi la démission d’Emmanuel Macron, et conduit à la nomination de Christophe Sirugue à l’Industrie. Laurent Grandguillaume nie en bloc, parle d’une « peau de banane », lancée par un « ami qui me veut du bien ». Il jure qu’il n’était de toute façon pas candidat. « Je me suis inscrit à mon master avant l’été, je l’ai fait savoir à ce moment-là à François Hollande », jure-t-il, laissant entendre que son retour à la vie civile était déjà acté.

Reste à savoir si le député n’a pas payé d’une façon ou d’une autre son désir d’indépendance. Une indépendance de fond, qui l’a par exemple conduit à voter contre la loi renseignement, mais aussi politique, avec un refus de se sentir lié à telle ou telle écurie. « Je suis un progressiste, proche des idées de Manuel Valls, mais aussi loyal envers François Hollande, y compris lorsqu’il était à 10% dans les sondages (…) J’ai beaucoup de respect pour ceux qui font le choix d’intégrer l’exécutif. Mais j’ai aussi toujours été convaincu qu’un député, s’il faisait bien son travail, pouvait obtenir des résultats tout aussi concrets. » Un discours qu’il tenait déjà il y a deux ans, lorsque nous l’avions suivi toute une journée dans le cadre d’un stage d’été chez Nature et découverte.

« Je ne peux rien exclure pour l’avenir »

En s’appliquant à lui-même le non-cumul dans le temps, le député cherche à créer le débat. « Dès 2012, je m’étais appliqué le non-cumul tel qu’il s’appliquera en 2017 en quittant mon mandat local. Je poursuis dans cette logique ». C’est bien un appel qu’il lance aujourd’hui à ses camarades. « Le système doit évoluer. Le travail que j’ai effectué en tant que député, d’autres le reprendront. J’espère que les nouvelles générations vont porter ce désir de renouvellement. » Cela permettrait selon lui de répondre au rejet des Français pour la politique. « Il faudrait être candidat à tout, partout et tout le temps pour exister, regrette-t-il sur son blog. C’est cela aussi le moteur de la défiance ».

Source : L’express.fr

Crédits photo : IP3 PRESS/MAXPPP

Le Sud Toulousain

A Propos Pierre ISRAEL

Rédacteur en chef du Sud Toulousain. Marcheur mais pas suiveur, indépendant mais pas indépendantiste . Chef d’entreprise et Maire dans la campagne du Volvestre (31)

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