Vidéo-protection : Comment ça marche

Rebaptisée « vidéo-protection » depuis la loi du 14 mars 2011 , la vidéosurveillance séduit de plus en plus de communes, et pas seulement les villes et leurs centres urbains.
Pour ses défenseurs, ses atouts sont bien tangibles : surveiller une zone sensible, dissuader la délinquance par la présence d’une caméra visible, détecter tout comportement anormal ou encore identifier un individu, un véhicule ou un objet à tout moment. Et si ses détracteurs reprochent à la vidéo-protection son « effet plumeau », autrement dit un déplacement de la délinquance des zones vidéo-surveillées vers des zones non couvertes, chacun s’accorde sur l’efficacité des dispositifs dans les zones vidéo-surveillées.

Comment ça marche ?

La vidéo-protection consiste à produire des images transmises à un réseau de collecte (hertzien, ADSL, WiFi, fibre optique…) alimentant un serveur pour une exploitation en temps réel ou différée. Les données collectées sont ensuite stockées durant un temps qui varie en fonction de leur usage. En résumé, l’architecture d’un dispositif de vidéo surveillance se compose de cinq éléments : une (ou plusieurs) caméra(s), un réseau de collecte des flux, un dispositif de contrôle des images, un serveur d’images ainsi qu’un réseau de transport de ces images vers un site distant (site Web, accès dédié…). Le choix du dispositif le mieux adapté à chaque situation dépendra des besoins locaux. S’agit-il de disposer d’un outil dissuasif visible ou d’opérer une télésurveillance discrète permanente ? La zone à sécuriser est- elle étendue (carrefour ou abords d’un bâtiment) ou limitée (pièce ouverte au public par exemple) ? Autant de questions à se poser pour déterminer les exigences de qualité de l’image, le choix du réseau, le mode d’exploitation et de stockage des données, et, in fine, le coût global du dispositif.

Qui dit vidéo-protection dit avant tout caméras. On en distingue trois principaux types. Les plus classiques, les caméras fixes, visibles et indiquant la direction dans laquelle elles sont orientées. D’une bonne durée de vie, elles sont simples d’entretien mais ne peuvent couvrir qu’un angle de vision réduit (entrée de parking ou abords d’un bâtiment par exemple). Les caméras « Dôme » filment, elles, les scènes à 3600 et fournissent une vision globale en permanence. Ces modèles sont préconisés pour l’intérieur (surveillance d’un hall ou d’un bureau par exemple). Enfin, les caméras « PTZ » (del’anglais « Pan Tilt Zoom ») offrent plus de fonctionnalités : vue panoramique, mouvement rotatif, inclinaison variable et zoom. À conseiller pour la surveillance d’une zone étendue (rue ou carrefour par exemple). Chacun de ces modèles est aujourd’hui disponible en version « Mégapixel », c’est-à-dire offrant une résolution d’image très fine.

Concernant la qualité de l’image, plus la résolution et le flux de transfert des données seront importants et plus l’image sera nette. La résolution se mesure en nombre de pixels (px) rapporté au nombre d’images par seconde (par exemple, 1280 x 960 px/30 images par seconde). Sur le marché, la résolution varie de 640 x 480 px (caméra basique), à 1280 x 960 px (caméra Mégapixel), voire jusqu’à 2 560 x 2 048 px pour de la très haute définition. Reste qu’en France, la définition réglementairement requise, est de 704 x 576 px. Une définition rarement atteinte par les modèles de première génération.

La mise en place d’un dispositif de vidéo- protection induit des coûts au niveau matériel mais aussi humain (charges de personnel, coût de la formation…). Côté matériel, il importe d’évaluer le coût de l’investissement mobilier (caméras, équipements informatiques…) et immobilier (infrastructures, locaux…), mais aussi celui de la maintenance annuelle. À noter que les prestataires proposent aujourd’hui des dispositifs en location, déchargeant ainsi les collectivités de l’investissement initial tout en leur épargnant les problèmes de maintenance.

Jouer la carte de la mutualisation

Les systèmes les plus simples se composent d’une ou plusieurs caméra(s) fixe(s) (environ 800 euros pièce) reliée(s) à un élément de stockage des données (de 1000 à 2 000 euros). On peut opter pour un système plus perfectionné avec des caméras dôme mobiles télé-opérables à distance (entre 2 500 et 3 500 euros pièce). S’agissant de l’exploitation des images, les coûts varient de 2 500 euros environ, pour un poste d’exploitation ne permettant qu’une simple visualisation des images (centre superviseur en mairie par exemple), à plus du double pour un système prévoyant la télé-opé- ration.

Tous ces coûts représentent une facture dont le montant final varie de quelques dizaines de milliers d’euros pour les projets les plus simples à plusieurs centaines de milliers d’euros pour les plus ambitieux. Et si l’octroi de subventions reste possible, la tendance actuelle consiste à jouer la carte de la mutualisation, soit entre communes voisines, soit au niveau intercommunal, de manière à permettre d’utiles économies (études préalables, achat du matériel, financement des infrastructures et des charges de personnel). Une perspective à surveiller de près pour opérer le meilleur choix.

En détail : Le guide méthodologique

Article rédigé par Christophe Robert , AMF

 

Be the first to comment on "Vidéo-protection : Comment ça marche"

Leave a comment

Your email address will not be published.


*