Votre avis : l’évolution du vote Front national en Haute-Garonne (Analyse)

Selon vous, Quelle sera l'evolution du votre front national au prochaines elections ?

  • Plutot à la hausse (83%, 100 Votes)
  • Stable (9%, 11 Votes)
  • Plutot à la baisse (6%, 7 Votes)
  • Ne se prononce pas (2%, 3 Votes)

Total Votants: 121

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ANALYSE – VOTE FRONT NATIONAL EN HAUTE-GARONNE : UNE PROGRESSION GEOGRAPHIQUE.
Il est intéressant de relever qu’au cours de ces dernières élections (européennes, départementales, régionales, un clivage géographique  dans le vote Front National. En effet si le vote socialiste est globalement homogène sur tout le département quel que soit le type de milieu (rural, urbain, périurbain,  vallée, coteaux, montagnes…), le vote de la droite républicaine est marqué par le niveau socio-économique. Plutôt fort dans les communes au niveau socio-économique élevé  (quartiers aisés de Toulouse, communes aisées de la métropole toulousaine, du Sicoval, et du nord du Lauragais). En revanche on constate que le vote Front National est particulièrement marqué par des facteurs géographiques.

Les vallées, premiers axes de pénétration  FN.

On constate, de façon très caractéristique, que les vallées sont propices au vote FN et particulièrement la vallée de la Garonne. A l’instar de la vallée du Rhône, la Garonne jusqu’à la Gironde, est aussi un espace de progression aussi récente que forte du vote frontiste. Elle constitue un axe central d’ancrage dans le sud-ouest qui « irrigue » en quelque sorte les autres vallées d’affluent de la Garonne. La Haute-Garonne  en est un parfait exemple.

Vote front national en Haute garonne - Sud Toulousain
Sur la carte ci-contre du vote FN des élections régionales de décembre 2015, il facile de voir que le seuil des 30% est atteint quasi systématiquement dans la vallée de la Garonne du nord jusqu’à  Saint-Gaudens. La vallée du luchonnais présente également une forte pénétration du vote FN avec des communes atteignant aisément les 30%. Pourtant le relief et particulièrement les Pyrénées étaient encore très récemment isolés du phénomène « FN ». De même dans la basse vallée de l’Ariège, du confluent à Portet-sur-Garonne jusqu’à Auterive à la limite avec le département de l’Ariège présente un fort taux de pénétration FN, dépassant aussi les 30%. Finalement seule la métropole toulousaine constitue une exception, le vote FN y est globalement et largement plus faible que dans le reste de la vallée. Néanmoins elle n’est pas épargnée par une progression FN et présente également des disparités au sein même de son territoire.

La métropole  toulousaine : une exception.

Le vote frontiste dans la métropole toulousaine suit beaucoup plus une logique socio-économique. On constate en effet un plus faible résultat du parti de Marine Le Pen dans les communes périphériques « chics »  (entre 20 et 30%), soit une banlieue plutôt aisée de nature pavillonnaire, se situant de part et d’autre à l’est et l’ouest de Toulouse. Son score est encore amoindri (entre 10 et 20 %) dans le secteur dynamique du sud-est de la métropole correspondant à la banlieue toulousaine du Sicoval, où une importante proportion de cadres supérieurs, ingénieurs, enseignants chercheurs y résident.

Mouvements de vote front national en Haute Garonne
Cependant on notera une progression très nette et  très récente dans certaines communes du nord et du sud de la métropole, jouxtant même parfois la commune de Toulouse. Ces communes sont pour la plupart d’un niveau socio-économique comparable aux autres communes de la vallée de la Garonne du département mais présentent une position géographique déterminante. En effet celles-ci se situent à proximité des quartiers dits « prioritaires » sensibles en périphérie de Toulouse (Grand Mirail, Empalot au sud, Izard-Borderouge au nord). Portet-sur-Garonne (32,1%), Cugnaux (29,7%). Ce cas de figure est tout à fait commun sur tout le territoire national et particulièrement exacerbé dans le sud de la France. Des villes comme Perpignan, Béziers, ou encore Marseille présentent un fort taux électoral frontiste aux abords des zones dites « prioritaires » sensibles.

Les coteaux : le front pionnier du FN

Nous constatons globalement, et à un niveau national que le relief a toujours été un frein à la poussée frontiste. Cela se confirme sur nos territoires haut-garonnais avec le cas local des coteaux. Cependant encore une fois aux dernières élections, cette logique de bastion préservé du FN tient de moins en moins. Un large pan de communes  dépasse désormais le seuil de 30% dans des terreforts éloignés de vallées.
On remarque même que cette logique ne tient plus dans les coteaux du département du Tarn et que la progression tend à se propager vers la plaine du Lauragais jusqu’alors relativement épargné.
La cassure est en revanche net sur la carte des listes arrivées en tête au premier tour, proche de la métropole, hormis le secteur nord, le FN pénètre encore avec difficulté aux abords de Toulouse, et ce de manière général en France aux abords des métropoles (Lyon, Paris, Lille). En revanche la porosité est totale et la cassure beaucoup moins net dans les coteaux du sud toulousain et dans le Lauragais, où le sens de progression du FN se fait particulièrement sentir au détriment  d’un PS traditionnellement omnipotent,  et n’arrivant plus en tête dès le premier tour dans bien de communes du toulousain.

Conclusion

En Haute-Garonne, le Front National est donc surtout présent dans des communes périurbaines et même dans les communes rurales de l’aire urbaine de Toulouse, où le  tissu socio-économique est plutôt populaire et où majoritairement les actifs  travaillent dans cette même aire urbaine effectuant chaque jour des migrations « pendulaires » entre la métropole toulousaine et leur commune de résidence.

A Propos Pierre ISRAEL

Rédacteur en chef du Sud Toulousain. Marcheur mais pas suiveur, indépendant mais pas indépendantiste . Chef d’entreprise et Maire dans la campagne du Volvestre (31)

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